La bille en terre, plus qu'une tradition, une histoire...

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Écrit par FFJB   
Mardi, 03 Juin 2008 01:00

La bille en terre, plus qu'une tradition, une histoire...

Jadis en pierre, en marbre (en anglais "marbles") ou en terre cuite, le jeu de billes remonte à la nuit des temps. La plus vieille aurait près de 6 000 ans et est exposée au musée d'Oxford.
C'est un des jeux les plus anciens de l'histoire de l'homme. Egyptiens, Grecs et Romains jouaient aux billes. Les Grecs jouaient à la "Tropa" ou à l'Omilla", proche du jeu de cercle, encore pratiqué de nos jours. Les Romains jouaient à "l'Orca" ou jeu de vase. Au Moyen-Age, la bille s'appelait "Gobille".
Elle était en terre et imparfaitement ronde.

Au 17ème siècle en Bohème, en Hollande et en Angleterre, on la trouve en porcelaine.
Au 18ème siècle, la bille en terre devint parfaitement sphérique et de nombreux jeux virent le jour au gré de l'imagination des enfants...mais aussi des adultes.
Au 19ème siècle, elle traversa l'Atlantique et on vit apparaître les premières billes en verre. Ce sont de véritables objets d'art. Les verriers et les bimbelotiers Vénitiens créèrent les premières Agates.

C'est surtout entre 1850 et 1920 que la bille connut un essor sans précédent. De nouveaux outils de fabrication ont permis une production plus importante. D'abord fabriquée en pierre ou en onyx, puis en terre agglomérée et cuite, à la veille de la seconde guerre mondiale, ce procédé fut abandonné au profit d'une fabrication "à froid" et séchée à l'air naturel sans cuisson et trempée dans de vives couleurs.

La dernière usine de billes en terre...

En 1871, Alexandre Barral marchand de draps à Cobonne se rendit au bord du Rhin et débaucha les habitants d'un village entier d'Alsaciens qui refusaient le joug Prussien, et acceptèrent de s'installer dans la Drôme.
En 1876, il décidait de créer l'usine à billes et confiait l'affaire à ses deux fils Joseph et Léopold qui s'investirent et mobilisèrent les Alsaciens pour casser les pierres en petits cubes afin de fabriquer les billes et les calots.

Une fois acheminées à l'usine, ces quantités de petits blocs étaient placés sur des presses à sillons qui tournaient en sens inverse. Elles tournaient très longtemps pour arriver à une forme parfaitement ronde et calibrée.
C'était la bille entière.
L'usine était florissante, elle comptait une vingtaine d'employés et tournait jours et nuits. Plusieurs générations de Barral se succédèrent pour pérenniser cette petite usine unique en son genre. En 1914, la pénurie d'eau contraînt les frères Barral à transférer l'usine à Mirabel et Blacons au bord du canal de la Gervanne. Les eaux du canal faisaient fonctionner les turbines. Dans les années 30, la fabrication des billes en pierre, devenue trop onéreuse, est abandonnée au profit de la bille en terre. En argile aggloméré, elles étaient cuites dans de grands fours chauffés au bois puis au coke. La pénurie d'énergie pendant la seconde guerre mondiale imposa l'arrêt de la cuisson.

Une nouvelle technique de fabrication (reprise et améliorée aujourd'hui) voyait le jour : un noyau d'abord fabriqué en argile était ensuite aggloméré avec de la chaux et du ciment dans de grosses bétonnières appelées "courges". Il fallait environ 7 heures pour atteindre le diamètre définitif. Après plusieurs semaines de séchage sur des trémies, elles passaient au polissage avant d'être peintes et pour certaines, recevoir une couche de vernis et être de nouveau séchées pour être emballées et expédiées. A l'époque, près dun million de billes étaient fabriquées chaque semaine.

Au milieu des années 80, la concurrence des billes en verre d'Asie ou d'Amérique, beaucoup moins coûteuses, fît nettement ralentir la production et aboutir à la fermeture de l'usine en 1984.

Mais était-ce bien fini ?

C'est en 1985, que Liliane et Maurice Guilhot ont racheté la dernière usine de billes en terre. Par passion pour les billes, ils décidèrent de transformer ce lieu mythique en musée où les touristes français et étrangers se retrouvent pour une visite instructive et nostalgique.

 

 

 

La bille en terre aujourd'hui, le coup de foudre !

En 1994, Charles Desbois visite ce musée et c'est un véritable coup de foudre pour ce lieu et pour les personnages que sont Liliane et Maurice Guilhot. L'idée fait son chemin. Après quelques études préliminaires, techniques, commerciales et financières, il décide donc de se lancer en septembre 1998 et de créér un an plus tard une société pour relancer cette activité. Sa femme et ses deux garçons (joueurs de billes) le suivront en juillet 1999 pour habiter cette belle région qu'est la Drôme.

A l'aube du 3ème millénaire, Billes & Traditions se propose de faire revivre la bille en terre de nos ancêtres.

 

C'est dans le Diois aux portes de la Drôme Provençale et au pied du Vercors que le village de Mirabel et Blacons accueille en son coeur la dernière usine à billes en terre.
En effet, c'est au bord de la Drôme, traversée par le canal de la Gervane que l'usine à billes renaît de ses cendres. Aujourd'hui, Billes et Traditions permettra aux nouvelles générations de jouer à nouveau avec les billes en terre et de préserver la tradition.

Les billes en terre, demain.

Les perspectives sont très encourageantes, comme les contacts en France et à l'étranger (Italie, Allemagne, Grande Bretagne, Espagne, Etats-Unis, Canada, Afrique du Nord...) l'ont démontré après l'effet de surprise, un vif intérêt.
L'accueil est enthousiaste dans la profession et c'est sur cette base qu'ont débutées les études préliminaires, études de marché (réalisées en collaboration avec l'école de commerce internationale d'Orléans), analyse financière, initialisation et mise au point de la fabrication, installation et aménagement de l'ancien atelier...

 

La diffusion

La fabrication est maintenant au point, l'atelier est opérationnel, la production est relancée. Les contacts commerciaux s'affinent et les premières commandes arrivent. Maintenant nous sommes référencés par les grands magasins après un an d'activité, telles que NATURE ET DECOUVERTE, JOUET CLUB, , et également les magasins indépendants de jouets, jeux ainsi que les buralistes.

Parallèlement, nous avons lancé une action ludique avec la Fédération Française pour réhabiliter les jeux de billes (triangle ou ring), les remettre "au goût du jour" et promouvoir la bille en terre.

 

 

Un jeu Traditionnel et ancestral puisque les Egyptiens jouaient aux billes il y a près de 6000 ans, les Grecs jouaient à la « Tropa » (proche du jeu de cercle). Bref un jeu venu du fonds des temps. Une bonne action de pérenniser ce jouet ancien.

Une certaine « rareté » puisqu’elle avait disparue du marché Français et étranger depuis plus de 15 ans !

Une nouveauté pour les enfants aujourd’hui et un souvenir nostalgique des cours de récré (qui étaient en sable à l’époque) pour les parents.

Un produit artisanal qui respecte l’ancien procédé de fabrication adopté à l’époque dans les années 1940 par l’usine Barral. Les billes en terre nouvelles générations sont fabriquées dans la même usine avec le matériel de l’époque adapté à la technologie actuelle. Nous avons obtenu l’agrément normes CE (norme jouet EN 71).

 

Un produit qui respecte l’environnement dans la lignée des jouets en bois car ses matières premières sont issues du sol comme l’argile utilisée pour la fabrication du noyau.

Les couleurs, c’est leur donner la vie. Aujourd’hui les couleurs sont vives, 8 couleurs de bases unies, sont disponible également les couleurs mouchetées, nacrées et bientôt fluo et une gamme festive pailletée dorée ou argentée.

La bille en terre, objet de décoration. De part ses nouvelles couleurs la bille peut être disposée dans des vases, soucoupes, pour tenir fleurs ou bougies et apporter de la couleurs à l’intérieur des maisons toutes les idées sont facilement réalisables et peu coûteuses.

MIRABEL ET BLACONS au cœur de la Drôme Capital de la bille en terre, la dernière en France et peut être même du monde dans ce type de procédé de fabrication. Depuis janvier 2008 installé sur Crest (à 4 km) Billes & Traditions développe de nouvelles collections et prépare de nouveaux concepts. Dans ces nouveaux locaux (provisoires) nous avons ouvert une boutique pour le public et la possibilité de faire visiter les groupes sur rendez vous.

Une couverture médiatique importante. En effet les médias se passionnent pour le sujet, de nombreux journaux régionaux, nationaux tels que le Figaro, village magazine, télé Star…les Radios locales et nationales, France info, Radio bleue… et les télévisions, TF1, France 3, Télé Monte-Carlo…

Une Fédération Française des jeux de billes qui prend un nouvel élan qui a pour objectif de développer de nouveaux clubs en France, dont plusieurs en cours de création, qui multiplie les animations, les initiations et les concours afin de promouvoir les jeux de billes notamment le jeu français du « triangle » et le jeu de « ring » jeu de compétition international. La fédération française est sollicitée pour participer à de nombreux festivals mais aussi dans les écoles pour initier les enfants et les sensibiliser à nouveau au jeu de billes tellement convivial.

 

 

Mise à jour le Vendredi, 14 Octobre 2011 22:03